Archives du mot-clé The yellow side of sociality

The Yellow Side of Sociality

Eugenio Montale (1896-1981)

Eugenio Montale (1896-1981)

« Quand un jour d’une porte cochère mal fermée
parmi les arbres d’une cour
se montre à nous le jaune des citrons ;
et le gel du cœur fond,
et en pleine poitrine nous déversent
leurs chansons
les trompettes d’or de la solarité. »

(Eugenio Montale, Les citrons et la maison près de la fontaine.)

Jeudi dernier, je tombe complètement par hasard sur une annonce pour un événement à Bozar, à savoir l’exposition – gratuite, qui plus est – The Yellow Side of Sociality. Une entreprise artistique multigénérationnelle qui tourne autour de la couleur jaune, et qui réunit les œuvres de différents artistes italiens résidant en Europe. Ni une ni deux, je décide de grimper dans le bus 71 et de m’y rendre, histoire de voir de quoi il en retourne.

 Après avoir monté quelques volées d’escaliers – eh oui, une expo, ça se mérite – je me retrouve dans cet espace étrange, insolite. Au début, il m’est difficile de me mettre dans l’ambiance, d’autant que l’exposition est non seulement visuelle mais aussi auditive ; des sons un peu particuliers et obsessifs (je ne vais pas vous gâcher la surprise, et ne vous préciserai donc pas lesquels) sont diffusés à travers toute l’exposition. Je m’approche du panneau explicatif, le parcours vite fait bien fait, et là tout s’éclaire : on nous parle de la définition de la socialité, de l’étymologie de mot jaune, et de tout ce que cette couleur peut évoquer chez les artistes, et plus largement, chez chacun d’entre nous.citrons

« La socialité, c’est la propension naturelle au vivre-ensemble, et à partager les tâches du bien-vivre. »

 + Le concept est plus qu’intéressant, puisqu’il s’agit d’une co-production entre Bozar expo et la Dena Foundation for Contemporary Art, réalisée dans le cadre de la présidence italienne du Conseil de l’UE. L’idée d’une collaboration de ce genre m’a beaucoup plu, car elle a complètement satisfait à ma soif insatiable de multiculturalité, de croisement de cultures. J’ai retenu en particulier les œuvres de Davide Bertochi, Rosa Barba et Renato Leotta, mais bien sûr ceci n’est qu’une opinion très personnelle, et je vous invite donc à partager vos avis si vous avez l’intention de vous rendre à cette expo.

Ma plus grande déception par rapport à cette expo a été de voir qu’elle était assez petite. On peut facilement en faire le tour en une demi-heure, et venant d’une entreprise artistique qui se veut multigénérationnelle et qui cherche à réunir un groupe identitaire autour d’une seule symbolique, j’ai trouvé ça un peu décevant. De plus, s’il est indéniable que The Yellow Side of Sociality contient quelques bijoux artistiques, il était parfois difficile de retrouver le fil conducteur de l’expo. En effet, toutes les œuvres n’étaient pas « jaunes », du coup j’imagine que le lien entre ces œuvres et le thème principal était plus subtil, trop subtil pour moi peut-être. Il en reste que, même si ces œuvres étaient très intéressantes et suscitaient des émotions fortes, elles ne contribuaient pas vraiment à la cohérence de l’exposition.

En bref

Si vous cherchez à apporter un peu de lumière et de couleur à une soirée automnale, et ce, sans débourser un sou et sans y passer des heures, alors je vous conseille vivement The Yellow Side of Sociality. Certains trouveront peut-être qu’il est difficile de se mettre dans le bain, mais je conseille vraiment de surmonter cela et d’aller un plus loin, car c’est une expo qui en vaut la peine. En dehors de ça, si l’art contemporain n’est pas votre tasse de thé, il y aura sûrement un événement culturel dans le coin qui vous conviendra mieux. Je m’assurerai dès lors de sonder le terrain et de vous faire un petit compte-rendu, afin d’être sûre qu’il y en ait pour tous les goûts.

Pour plus d’infos:

http://www.bozar.be/activity.php?id=15067

Publicités